Chimène Badi

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C'est une chanteuse française incontournable, autrefois découverte à la télévision, dans une émission à succès. Alors, elle était encore presque une gamine, elle venait du sud, elle était à la fois timide et enchantée, naïve et convaincue. La France l'a aimée tout de suite. Elle est très vite devenue la fille, la confidente, l'amie, la voix. Elle a enregistré cinq albums, vendu plus de quatre millions de disques, rejoint la troupe des Enfoirés, elle a souri et pleuré, appris et grandi, elle est devenue une femme, là, sous nos yeux et le temps a coulé comme une rivière, vite, sans jamais souffler. En 2015, on la retrouve: belle, le rire haut, le regard bienveillant et déterminé. Elle parle de son nouvel et sixième album studio, “Au-Delà Des Maux”, chez Polydor, avec une impatience presque juvénile, elle a hâte. Indéniablement. Et son envie est communicative. Ce disque tempête, en liberté, fier et puissant, lui ressemble. Ici, on découvre une chanteuse habitée, évadée, qui se livre comme rarement, qui a décidé d'être elle-même, tout simplement. Donner autant sans prévenir, se livrer sans filet ainsi, cela dévoile un caractère de combattante, un désir fou, une passion plus qu'intacte, renforcée. Les fans, nombreux et fidèles, vont écouter ce disque en boucles, l'user jusqu'à la corde parce qu'il leur parle, il est à eux, pour eux. Et les autres, les indécis, les détracteurs, les lointains ? Ils risquent d'être surpris, voire déstabilisés. Ils risquent de succomber. Un album est un bout de vie, toujours, la photo d'instants d'importance. Pourtant, ce disque, enregistré entre Los Angeles et Paris, n'est pas seulement une carte postale, il raconte également une femme qui regarde le monde, qui l'enlace pour mieux le porter, il parle au peuple, aux oubliés, à ceux qui souffrent et qu'on ne regarde jamais, il chante l'amour, celui qui déchire et celui qui élève, il chante les corps qui dansent, les âmes qui pleurent et qui luttent, il parle à un pays qui veut encore y croire, il convoque à la fois le groove et les sentiments, l'honnêteté viscérale et la mélodie qui emporte. Il tend surtout une main, il propose de ne jamais baisser la tête, ni la garde, il est furieusement vivant, il est pop, soul, aérien et intime, universel et profond !


Chimène Badi a 33 ans. Elle revient de loin. Ces dernières années, elle a failli tout perdre: sa petite maman, sa liberté artistique, sa voix. C'est beaucoup. Certains auraient peut-être abandonné. C'est mal connaître Chimène. Elle a probablement traversé quelques nuits d'angoisse. Elle a évidemment parfois serré les poings, craint le pire. Elle n'a rien lâché. Mieux. Elle en a profité pour remettre les compteurs à zéro. Pendant des mois, elle ne pouvait plus chanter. À peine parler. Rire, pleurer lui était interdit. Leprix pour que ses cordes vocales acceptent de vibrer à nouveau. Aide-toi et le ciel t'aidera. Il y a de ça. Elle savait que personne n'allait frapper à sa porte alors elle a foncé. Cette force qu'elle dégage quand elle évoque la chose! C'est assez impressionnant. Chimène, interprète fantastique, aux capacités vocales que personne ne discute, a des choses à dire, des choses qui lui sont chères, des choses qui ont besoin de prendre des risques, qui nécessitent de briser les habitudes. Aidée de son manager, Yves El-Baze, elle décide d'y aller, coûte que coûte. La liberté a toujours un prix et Chimène est prête. Sur son bras droit, un tatouage: une clé de sol. La musique dans la peau, littéralement. Sa vie.


Chimène: “C'est un album hyper honnête, très sincère, parce que je me suis livrée. J'ai voulu parler de choses importantes. J'ai 33 ans et plus 18. J'avais commencé ce processus sur l'album “Laisse Les Dire”, sur lequel j'avais écrit et composé deux-trois titres et où je m'étais vraiment impliquée avec les auteurs et les compositeurs. C'est là que j'ai réellement commencé à m'impliquer, au delà de ma voix... Après l'album “Le Miroir’”, j'ai fait un break. Pendant trois ans. J'en avais besoin. Je ne savais plus trop qui j'étais. Mais en même temps, je voulais revenir à un truc beaucoup plus simple, vocalement, avec des thèmes où je commençais à dire ce que je pensais. Sur “Gospel & Soul”, j'avais surtout envie de m'amuser. De revenir à la musique que j'avais toujours eu envie de chanter et que j'écoutais depuis que j'étais gamine. Et là, je reviens avec “Au-Delà Des Maux”. J'ai vécu des choses ces trois-quatre dernières années et j'ai eu besoin que ça sorte. Et c'est cet album qui m'a permis tout ça. Si je devais défendre ce disque, je dirais que c'est moi, c'est le mien. Si on l'écoute, je crois qu'on arrive à savoir qui je suis. Je débute un nouveau cycle. Parce que je n'aurais pas chanté ça il y a dix ans. Ca ne me serait pas venu à l'esprit. J'étais dans autre chose, dans une autre culture. Je n'avais pas en tête ce que j'ai en tête aujourd'hui. Et puis je n'avais pas compris la vie comme je l'ai comprise aujourd'hui. Ce disque, c'est une page qui se tourne, pour en écrire une autre. Et c'est aussi une espèce de libération, avec un lâcher-prise, cet album est très personnel et il était temps que mon public l'entende parce que j'en avais besoin. J'avais besoin que mon public entende ce que j'ai dans le ventre. Et j'ai encore plus besoin d'aller le chanter. J'ai hâte, vous ne pouvez pas savoir! Pourquoi ce titre pour l'album? “Au Delà Des Maux” comme au delà des douleurs. Oui, c'est aussi une thérapie ce disque. J'ai dû passer par plusieurs moments, des moments difficiles où il faut se battre pour arriver à faire ce que l'on a envie de faire et ne pas se perdre... Vouloir s'affirmer, c'est difficile quand on a peur. Et mon manager m'a permis de dépasser tout ça. Je ne peux pas faire les choses juste parce qu'on me les impose. Je ne suis pas juste la sympathique chanteuse qui va faire des prouesses avec sa voix sur des titres dans lesquels elle ne se reconnaît pas. Je ne suis plus une petite fille. Il y a plein de choses que je ressens et que j'ai envie de dire et c'est comme ça. J'ai le droit, non ? (rires). Je le dis avec beaucoup de recul et de sérénité. Je suis passée par des moments compliqués... Cet album, j'en suis tellement fière, j'ai tout donné, sincèrement, tout ! C'est exactement ça que je voulais faire, ça et rien d'autre.”


La musique ne triche pas. Il suffit d'écouter les douze chansons du disque pour comprendre qu'ici, on est au cœur des choses. Chimène se donne, on peut parler de renaissance d'une certaine façon. Ce disque, c'est celui qu'elle attendait depuis toujours, exactement. Celui d'une artiste, oui, qui a gagné en confiance, qui a su transformer la douleur en quelque chose de positif, capable d'émouvoir tout auditeur avec un cœur. Elle a inspiré tous les thèmes aux paroliers, elle a même co composé et écrit la chanson “Les Retardataires”. Deux ans de travail acharné, de discussions enflammées, de doutes et de certitudes.


“Je dis toujours que j'ai la sensibilité et la fragilité de ma mère et la force de mon père” dit-elle. La combinaison est idéale. Elle s'entend à chaque note, à chaque refrain. Sa voix, quelle voix, l'a suivie. Comme elle, elle a gagné en intensité, en émotion, en variation. Libérée: “Quand j'ai perdu ma voix et qu'elle est revenue, je n'ai plus chanté pareil. Comme si ma voix et moi, on était devenues vraiment amies. C'est comme si on avançait main dans la main, comme si je la connaissais par cœur. Je ne sais


pas pourquoi. Et du coup, je l'utilise tout à fait différemment. Et puis, il y a aussi le fait que je n'écoute plus la même musique. Je suis revenu à des choses que j'écoutais quand j'étais beaucoup plus jeune, la musique noire américaine, que me faisait écouter mon père, Otis Redding, John Lee Hooker, Ray Charles, Billie Holliday, Ella Fitzgerald, et même des groupes comme Creedence, Jethro Tull...” précise-t-elle. Quand on écoute la formidable chanson, et premier single, “Elle Vit”, on hallucine ! Chimène n'est même plus française, on la croirait d'Atlanta, de Chicago ou de Détroit. Elle ondule, elle décolle, elle chante comme jamais elle n'avait chanté. Chimène n'a jamais oublié que la variété d'ici portait un autre nom de l'autre côté de l'Atlantique: la pop. Pop comme populaire. Elle vient de là. Avec sa maman, elle écoutait les plus grands: Aznavour, Ferrat... Avec son papa, les chanteurs noirs américains. Autre combinaison idéale. Héritage salvateur !


Chimène est bien accompagnée sur ce disque. On lui a proposé des choses, elle est allée en chercher d'autres. À la production et à la réalisation, on retrouve des noms comme Fraser T. Smith, Guy Roche, Régis Ceccarelli, Fred Savio, Zaho et même son manager Yves El-Baze...


A la création des œuvres, autour d’elle, Fraser T. Smith (Adèle), Natasha Bedingfield, Blair Mackichan, Laura Welsh, Emili Sande, Toby Gad (John Legend), Steve Diamond, Sasha Cliff, François Welgryn, Yohann Malory, Aleph “Arolld” Cheba, Benoît Dorémus, Olivier Bron (son ami et guitariste), Zaho, Jacques Veneruso, Yann Guillon, Emmanuel Moire, Marc Demais, Tristan Salvati, Gianni Mancuso, Jérôme Attal, Sophie Delila, Felipe Saldivia. Une grande famille, une équipe de choc. Il fallait au moins ça pour accoucher de ce disque.


Chimène: “Les voix ont été en grande partie enregistrées à Los Angeles, à l'automne 2014. Dans le studio de Guy Roche, le Banana Boat. C'est un mec extraordinaire, avec qui j'avais déjà bossé sur “Le Miroir”! J'avais retrouvé ma voix, ma confiance et je savais que Guy pourrait m'emmener là où je ne serais peut-être pas allée seule... Il sait que je suis capable de faire des choses dont je ne suis même pas consciente. On y est resté treize jours. Il est venu ensuite à Paris pour refaire certaines voix, au printemps 2015. C'est Guy qui m'a appris à contrôler cette puissance dans la voix. Et aujourd'hui, ça m'amuse de jouer de cette puissance. Sur cet album, je voulais parvenir à faire de ma voix comme un élastique, qui passe entre les mailles du filet, des graves aux aigus, en passant par la voix de tête. Pas tout envoyer comme je pouvais le faire parfois à l'époque. Je ne voulais pas tomber dans une formule facile. De faire et refaire toujours la même chose. Ce n'est pas l'idée que je me fais d'une carrière. Je veux juste essayer de faire mieux, mieux et toujours plus. Je pense que le public ne s'attend pas à ça, je ne sais pas ce qu'il attend en fait (rires). On verra. On ne se donne pas comme je me suis donnée pendant deux ans pour que ça ne fonctionne pas mais ce n'est pas moi qui décide, c'est le public, toujours. Je veux que ça marche, et peut-être encore plus pour cet album que pour tous les autres. Parce que c'est celui qui me ressemble le plus. De toute façon, il fallait que ça sorte. Je devais faire ce disque !”


Comme elle a eu raison. Avec “De Quoi On Se Souvient”, qui ouvre l'album, Chimène part de l'amour qui meurt pour embrasser une vision plus globale, questionnement sur le temps qui passe et sur les traces qu'il laisse ou pas dans nos têtes. Elle chante et on l'écoute, captivé. “Seule” est le type même de chanson qui, derrière une simplicité et une efficacité de façade, exige beaucoup. Chimène aurait ici pu se contenter de tout lâcher mais elle a préféré, comme dans la vraie vie, alterner les sentiments, passer du noir à la lumière, des larmes à l'espoir. Elle chante, seule, et c'est comme si d'autres âmes l'accompagnaient. Bouleversant. “Elle Vit” est une bombe soul imparable, à la mélancolie qui emporte, que devait chanter au départ Tina Turner. Dans “Ca Ne Regarde Que Moi”, et son piano intimiste, qui plonge là où ça fait mal, Chimène se dévoile et c'est encore un euphémisme. Hymne à la différence, souvenirs douloureux, elle est émouvante et on comprend que cette chanson est aussi une façon pour elle d'éteindre toutes ces voix cruelles. Beau ! “Ballerine” est comme un flashback sépia, aux cordes sensibles, une évocation de l'émission “Danse Avec Les Stars”, du corps qui lutte et hurle, et qui finit par exister, malgré la souffrance. Chimène quitte la scène pour caresser les étoiles et on frissonne. “Qui Parle d'Elle” est moins une vengeance qu'une libération. Chimène oublie, avance, avec une classe absolue. “Les Retardataires”, c'est encore une chanson à l'humanité tangible, où Chimène refuse les barrières, les limites, les injustices coupables. “L'Usine” est un titre incroyable, qui ravive une tradition française, celle de la chanson sociale. Chimène se souvient de sa mère ouvrière, de ses journées, ses années à trimer dur, pour rien, pour casser son corps. Le rythme est engagé, enlevé même. Sorte de blues de combat, pour toutes ces ombres qui travaillent, esclaves modernes. Chimène a la rage, ça s'entend et c'est absolument bouleversant. “Au-Delà Des Mots” ou comment dépasser la peur du vide, quand la voix de Chimène a bien failli se faire la malle pour toujours. C'est aussi une déclaration totale d'amour à la musique. “Pour Tous Les Hommes”, gospel dédié à l'avenir, ne veut pas céder et demande aux hommes d'y croire encore. “Personne” comptera dans la carrière de Chimène. Parce qu'ici, on comprend qu'elle ne se laissera plus jamais faire, que son identité n'est pas négociable. Qu'une femme peut aussi dire non, se battre et rêver encore. “Point Final”, qui clôt l'album, c'est encore l'amour qui est convié à la table. L'amour qui n'est plus et la vie qui continue. Quelques cordes et la voix de Chimène qui danse, grandit, monte, toute en subtilité. On pense à Adèle, à Aznavour et on se laisse emporter par cette chanson qui jongle avec les silences et qui détruit les dernières résistances. Magnifique.

“Au-Delà Des Maux” est bien plus qu'un album. C'est un cri du cœur, un nouveau départ, une voix qui renaît au monde, qui donne tout et qui ne fait que commencer. Quand on demande à Chimène, avant de la quitter, ce qu'elle attend de demain, elle sourit avant de répondre: “Une belle tournée”. Son public lui a tellement manqué. Les retrouvailles s'annoncent incendiaires. Et on se dit que la France n'est peut- être qu'une étape. Que les frontières sont faites pour être dépassées. “J'ai déjà des titres en anglais” avoue-t-elle, furtivement. Oui, la vie ne plaisante pas. Mais à ceux qui ne veulent pas abdiquer, elle peut offrir bien des choses. Bien des aventures. À suivre...